Mon chlog

9 décembre 2022 · 42 / 52

Peut-on s’habituer aux surprises ?

Me voilà de retour de ma chimiothérapie, jeûnant et prêt à reprendre le travail et la vie familiale. Encore un peu de fatigue et de persévérance ? Ca, c’était sans compter le passage d’un petit virus… Le lendemain matin, crevé et après-midi à 39°C de fièvre.

Heureusement, la souplesse de mon temps partiel thérapeutique me permet de me reposer “à volonté”. Mais au passage de l’infirmière, le soir, je découvre que le diffuseur (produit de chimiothérapie que je garde 48h en plus) est thermorégulé : son débit est ajusté à la température (normale) du corps. Mais, faisant de la fièvre, il s’est écoulé trop vite ! Nous avons dû mettre fin au diffuseur pour ne pas empirer les choses. Et oui, en plus de mon état grippal et de mon jeûne. Pas de panique, je me suis assuré que le jeûne n’était pas contre-indiqué. Cela dit, le lendemain, même si j’étais bien fatigué, la fièvre était partie et la maladie, une histoire ancienne ! Là, on se dit “ouf !”. Sauf que j’étais tenu de faire une prise de sang de contrôle avec une hémoculture et dans ma vie, je crois que je n’ai jamais passé autant de temps dans un laboratoire à me faire prélever du sang : 6 tentatives, 3 personnes différentes pour finir au compte goutte avec une veine de la main ! Mes veines rebelles ne voulaient pas se faire piquer !

N’est-ce pas une belle occasion de râler ?
Personnellement, je trouve que râler c’est pour les “vieux croutons” : Ceux qui refusent d’être assez souples pour s’adapter aux aléas, comme si tout se passe toujours comme ils s’y attendent ! En vrai, c’est un peu chacun d’entre nous, quand nous refusons les surprises.

Bien sûr nous travaillons à être le mieux préparé possible aux difficultés ou autres “mauvaises” surprises, mais je veux croire que se fermer aux éventualités, c’est comme se fermer à la vie. Je serai enfin tranquille quand je serai mort. En tout cas, je n’en serai plus affecté. En attendant, les surprises, les aléas et tout ce qui peut nous contrarier n’est qu’une porte ouverte pour grandir, s’améliorer, découvrir quelque chose de nouveau, et finalement, c’est se maintenir vivant !

Certains diront “Ce qui ne me tue pas me rend plus fort”, mais je préfère l’idée de la première épître de St Pierre, que les “épreuves vérifient la qualité de notre foi”. Quand nous faisons face à une épreuve, nous n’avons pas à l’esprit toutes celles que nous surmontons maintenant avec brio, parce que nous sommes plus forts, plus sages et plus persévérants ! Et pourtant toutes celles-ci ont pavé le chemin qui nous mène là où nous en sommes aujourd’hui ! Et cette épreuve, qui nous semble insurmontable, sera la facile de demain !

Laissons-nous surprendre par la vie, affrontons tranquillement nos épreuves d’aujourd’hui, remercions pour celles d’hier et laissons à demain celles à venir. Chaque jour suffit sa peine !

Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.

Matthieu 6, 27; 33-34