13 février 2022 · 2 / 52
Début du voyage
Si certains se demandent comment j’ai vécu les effets initiaux des produits que l’on m’a injectés, je leur propose de s’imaginer d’être aux dernières places d’un bus, en voyage dans des cols montagneux. Au début, belle lumière, vue dégagée et magnifique surplomb sur Toulouse (vue de ma chambre au CHU), puis, tout doucement le voyage se fait long, fatiguant au fil du temps qui passe, et après avoir profité de l’ambiance et des conversations avec les passagers, la fatigue s’installe et le bus ne semble toujours pas arriver à destination, ni vouloir prendre une pose…
(On imagine que je suis maintenant rentré à la maison)
Et ça continue! Un autre col, encore deux ou trois virages en épingles, ce voyage semble interminable et le cumul des balancements des virages et des freinages suivis des accélérations amplifient peu à peu cet inconfort qui quelquefois se transformerait presque en nausées et vomissements. Mais comme vous avez le cœur solidement accroché, l’effet n’est que passager et quelques respirations profondes et un peu d’eau fraîche font l’affaire. Puis vient la fatigue générale du voyageur qui n’a pas pris de pause depuis bien trop longtemps et un mal de tête prend le dessus. Seule l’idée de se blottir dans la couette nous permet de garder le cap ! Quand enfin l’objectif est atteint, le sommeil qui suit, bien qu’un peu agité, est tellement salutaire que plus rien ne compte à ce moment-là.
Puis vient le matin : Tout est oublié. Nouveau jour, nouveau début, mais avec la surprise de chaque nouveau super pouvoir…
Note: Cette description correspond à mon premier jour de chimio.